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Extraits du TYROCINIUM CHYMICUM

Extraits du TYROCINIUM CHYMICUM De JEAN BEGUINUS. Le Tyrocinium Chymicum est une série de cours de chimie publiée par Jean Béguin en 1610. Ce livre est considéré comme l’un des premier livre de chimie.

Article mis en ligne le 14 novembre 2010
dernière modification le 28 janvier 2022

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TYROCINIUM CHYMICUM

LIVRE TROIS

Jean Beguinus

Chapitre I de <span class="caps">LA</span> <span class="caps">QUINTESSENCE</span>

De la quintessence du sang humain.

La DENOMINATION DE LA QUINTESSENCE est entendue de diverses façons. Parfois elle indique toute espèce chimique qui a abandonné la grossièreté élémentaire de la matière et des fèces corpulentes : et elle s’oppose ainsi à un Magistère en lequel la presque totalité du corps de sa substance demeure mais celle-ci est exaltée et purifiée. Parfois aussi, et c’est ainsi que nous entendons ici ce terme, elle désigne une substance des plus Subtile, Ethérée et Céleste ; tirée des trois principes de tout mixte dissous, libérés par différentes opéra¬tions chimiques de leur qualité Elémentaire, Sensible, Corruptible et Mortelle, puis congelés soit eu un Corps Spirituel soit en un Esprit Corporel. D’autres emploient le mot Elixir en raison de ses fameuses vertus qu’elle démontre en la préservation du corps humain des maladies diverses. D’autres nomment la Quintessence : Ciel, pour une double raison ; premièrement parce que de même que le Ciel ne participe pas des quatre éléments, mais est constitué d’une certaine matière éthérée, et est en quelque sorte un premier Elément ; et n’est pas sujet à corruption. Ainsi en va-t-il de l’authenti¬que Quintessence qui est séparée de toues les fèces des Eléments, et bien qu’elle ne soit pas tout bonnement incorruptible, elle est cependant réduite à une telle subtilité, ténuité et simplicité spiri¬tuelle qu’elle ne semble rien contenir d’hétérogène par quoi elle pourrait être corrompue. Deuxièmement, car de même que le Ciel agit avec puissance sur toutes ces choses sublunaires, contribuant à leurs vies et les conservant, de même la Quintessence conserva la santé du corps humain, prolonge la jeunesse, retarde l’arrivée de l’âge et expulse toutes les maladies.

La Quintessence du Sang humain est préparée ainsi qu’il suit :

A - prendre une grande quantité du sang de jeunes hommes dans la fleur de l’âge. Mettre ce sang dans un vaisseau circulatoire d’amplitude convenable que vous placerez au B.M. maintenu, bouillant jusqu’à ce que le Dragon ait dévoré sa propre queue. Les vaisseaux refroidis, ôter la matière qui sera semblable à du Foie et la découper en morceaux qui soient très petits. Et dans de hautes cucurbites, par la même chaleur de bain séparer par distillation l’élément aqueux ou phlegme. La liqueur qui aura distillé sera reversée sur sa terre et le tout remis au circulatoire comme précédemment disposé dans un bain bouillant durant dix jours, comme il a été dit plus haut. Le processus sera répété cinq fois ; et pour la dernière fois, on gardera tout le phlegme qui aura distillé. Les vaisseaux ayant refroidi, ôter la matière et l’introduire dans une grande retorte à laquelle on joindra un récipient capable ; distiller l’air au feu de cendres graduellement augmenté. Les petits nuages légers vont se résoudre dans le récipient, annonçant la venue du feu car l’Elément du feu peut passer sous forme d’une huile Rouge ou Pourpre. Vers la fin une petite quantité de Sel armoniaque se sublimera de lui-même. Les vaisseaux ayant refroidi, séparer l’air ou esprit du feu ou huile ; soit par lente distillation au bain soit à l’aide d’un séparatoire. Reverser sur les fèces l’esprit accué du sel-armoniac, les digérer durant trois jours, puis dans une nouvelle retorte distiller l’esprit en donnant sur la fin un feu de Sublimation pour que la totalité du Sel Spirituel, ou du moins la plus grande partie d’icelui, puisse se sublimer et se mêler avec l’esprit dans le récipient. Reverser du nouvel esprit sur les fèces, digérer et distiller comme ci-dessus, en le répétant souvent jusqu’à ce que la terre soit privée de son âme, ce que vous reconnaîtrez si en la plaçant sur une plaque chaude elle ne fume pas.

Il faut noter qu’avant que l’esprit ne soit animé il faudra le rectifier sept fois, en séparant à chaque fois le phlegme et les fèces : et on en réservera une partie pour préparer le dissolvant dont nous reparlerons plus loin.

Calciner le noir plus noir que le noir dans un fourneau à réverbère avec un feu modéré, dans un vaisseau clos de toute part durant l’espace de cinq jours, jusqu’à ce que la noirceur se change en une blancheur jaunâtre, et ainsi jusqu’à la couleur rouge. Alors la terre sera prête à recevoir son esprit animé. Digérer la au bain aussi longtemps qu’il sera nécessaire et ensuite, par une douce distillation séparer l’humidité insipide. Cela étant fait, reverser sur la terre la neuvième partie de son esprit animé, digérer et distiller comme ci-dessus. Puis lui donner la huitième partie de son esprit animé, ensuite la septième, la sixième, la cinquième, la quatrième, si bien qu’à la quatrième partie qui l’imbibera la terre aura été jusqu’à augmenter du double de son poids d’avant l’imbibition.

Ayant reçu ce signe, couvrir le vaisseau et le placer aux cendres, en administrant le feu durant l’espace de deux jours, jusqu’à ce que le Soufre Végétable adhère aux cotés du vaisseau semblable à du talc. Prendre I de Soufre, du pur esprit IV. Les mêler et les digérer durant un jour naturel, puis distiller aux cendres, en cohobant souvent jusqu’à ce que la totalité du corps monte. Après quoi distiller deux fois par le bain bouillant et faire circuler pendant soixante jours. Après avoir séparé l’Hypostasis (qui adhérera autour du fond du Pélican) garder la Quintessence du Vin qui servira à guérir un nombre infini de maladies, et dont on se servira tant par l’intérieur que par l’extérieur.

Mais cette Quintessence du Vin peut-être réalisée sur un plus court espace de temps. En vérité, lorsque je fis ceci, en la présence et sous la vue de certains de mes disciples, en l’espace de cinq semaines et bien oui, je l’ai réalisé et à l’aide de cette Quintessence je pus extraire une Teinture d’Or du plus haut rouge. Car ainsi qu’en témoigne Geber, il existe de nombreux chemins qui conduisent à l’accomplissement d’un effet et d’un but, mais en cet endroit, je ne pourrai jamais admirer suffisamment le fait pour lequel ni le vin français ni le vin d’Allemagne qui auront circulé.

Si vous voulez maintenant par la force de l’Art obtenir du vin une huile grasse et combustible, distillez le phlegme qui aura été séparé des cristaux au Bain jusqu’à obtention de l’épaisseur du miel liquide : ensuite dans une retorte placée au sable forcez-le par un feu vif. D’abord passe une eau mêlée d’huile jaune, puis une huile rouge, enfin une résine.

Sur les cristaux très finement pilée, versez l’esprit réservé comme il est dit plus haut, les digérer au Bain, durant trois jours, après quoi distillez l’esprit au sable, répétant la même procédure jusqu’à ce que l’esprit soit parfaitement imprégné de son âme et que le corps soit rendu tellement sec que si on le pose sur une plaque brûlante il n’émette point de fumée. Puis, sur le corps préalablement calciné selon l’Art, reverser une huitième partie de son propre poids de l’esprit animé, digérer et distiller comme auparavant, puis lui donner une sixième partie d’esprit, puis la cinquième et enfin un quart ; jusqu’à ce que la plus grande partie du corps placée sur une plaque brûlante s’évanouisse dans les airs. Sera alors accompli ce que Morénius dit : il t’appartient aussi de savoir possède le prompt ingrès à son propre corps que possède l’âme, laquelle ne pourrait en aucune façon être conjointe à un autre corps.

Et c’est ce que dit Avicenne : saches que la terre doit être nourrie d’abord avec un petit peu de sa propre eau et ensuite avec plus, ce qui se fait lorsqu’on élève les nourrissons. C’est pourquoi il faudra souvent piler la terre et imbiber suavement la flamme de huit jours en huit jours. La décuire puis la calciner modérément au feu. Et que ce labeur ne te semble pas fastidieux dans ses nom¬breuses réitérations, car la terre ne fructifie pas sans de nombreuses humidifications. Soit cependant circonspect, de peur que tu n’imbibes avec trop de hâte la terre, mais au contraire procède avec suavité, petit à petit, et avec longue contrition après que la terre soit sèche. C’est pourquoi dans tout ceci le poids doit être observé avec diligence, c’est à dire en ayant la crainte que trop de sécheresse ou une humidité superflue ne corrompe l’Oeuvre. Et cuits la bien par assation de même qu’en imbibant selon ce que requiert la dissolution. Voici ce qu’en dit Avicenne. D’où également ce que dit Geber : c’est pourquoi par la multiple réitéra¬tion de l’imbibition et de 1 »assation, la plus grande partie de son aquosité est ôtée, et le résidu est enlevé par la Sublimation.

Mettre la dite terre dans une haute cucurbite qui aura un alambic auquel on joindra un récipient, les jonctions étant fermement closes afin que rien n’en puisse respirer, lui donner un feu de cendres l’espace de trois jours, jusqu’à ce que monte une fumée blanche et nette et qui adhère à la paroi de la cucurbite comme du talc. C’est cela dont parle CLANGOR BUCCINA, c’est pourquoi il te faudra subtiliser ce corps autant que tu le pourras et le cuire avec un Mercure net et propre, et lorsque le corps aura attiré et fixé en lui quelque portion de ce Mercure, il faudra le subtiliser par un feu aussi vif et fort que tu le pourras, jusqu’à ce qu’il monte sous forme d’une poudre plus blanche que neige, adhérant aux côtés du vaisseau. Mais les cendres qui restent au fond sont les fèces et insulte les Scories que tu rejetteras, comme n’ayant plus rien de vivant en elles.

Prendre du Mercure Metéorisé I (une once = 31 grammes) et le mêler à VII de l’esprit rectifié non animé. Digérer durant deux jours au bain, puis distiller aux cendres, ensuite au bain avec des cohobations répétées jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de fèces. Puis mettre en circu¬lation durant quarante jours. On s’en sert pour extraire les teintures des métaux et des pierres. A l’aide du même Mercure et de son huile, on confectionne un élixir qui extirpe les maladies désespérées, et l’on procède de cette manière :

CHAPITRE II

<span class="caps">DE</span> <span class="caps">LA</span> <span class="caps">QUINTESSENCE</span> <span class="caps">DU</span> <span class="caps">VIN</span>

Dans des vaisseaux circulatoires de juste amplitude faire digérer une bonne quantité de vin qui soit riche au fumier de cheval durant un mois. Puis dans de hautes cucurbites tirer l’esprit au B.M. puis vous le rectifiez ensuite sept fois, en séparant chaque fois l’humeur phlegmatique. En distillant de telle sorte qu’au cours des sept fois en étant parti de 40 tb (40 livres) vous puissiez séparer 1 tb plus spirituelle que le reste (car ce qui distille entre l’esprit et le phlegme est l’Aqua ardens). Garder l’esprit dans un vaisseau de verre (d’une contenance telle qu’il ne soit empli qu’à moitié) et fermement clos afin que rien ne puisse respirer et placé en un lieu froid. Dans le même temps distiller le phlegme restant jusqu’à consistance de miel liquide. Ce qui aura distillé sera reversé sur les fèces, et à nouveau par douce chaleur du Bain, en tirer trois parts. Puis prendre la cucurbite et l’installer dans un endroit frais, afin que la matière puisse cristalliser, les cristaux seront lavés de toutes impuretés et dissous puis coagulés jusqu’à ce qu’ils ressemblent à la glace de l’eau la plus pure.

Prendre de ce Mercure I sur lequel on ajoutera la huitième partie de son poids de sa propre huile rectifiée (c’est à dire un drachme dragme, environ 3gr 8), les décuire à la chaleur de l’athanor durant huit jours, ensuite vous procéde¬rez avec la huitième partie, réitérant souvent le premier ouvrage jusqu’à ce que la matière devienne épaisse comme sirop et que par décoction elle ne puisse plus être endurcie outre. Après cela, faire digérer quarante jours et ce sera une pierre du plus haut rouge, dont la dose est :

  • un grain ou deux dans une liqueur convenable (un grain, environ 0,065 grammes N.D.T.)
    ne possèdent cette admirable odeur que Baptista Portae attribue au vin napolitain en ces mots : ouvres alors le col du vaisseau, et si une telle senteur admirable s’en échappe, avec laquelle rien d’autre ne puisse être comparé, saches que tu arrives près du but désiré. Mais si l’odeur ou la couleur ne répondent pas à l’attente, il te faudra refermer le vaisseau et le remettre en circulation jusqu’à ce que tu aies le signe susdit. Mais l’esprit du vin italien n’est pas possesseur non plus d’une telle odeur, ainsi qu’en témoigne Rubeus. Car dans le second chapitre de la deuxième section de son livre sur la distillation il écrit ceci : j’aurais aimé que cet homme de bien et très excellent physicien que fut Eustachius Sancto Severinas fut encore en vie, car il aurait pu prouver (pour ne pas parler ici de ma propre connaissance) grâce à sa pratique acquise avec tant de zèle que l’Aqua ardens même si on la circule non pas seulement un mois, mais deux ou trois, ou même toute une année, ainsi que Raymond prescrit de le faire, ne pourra jamais être conduite à cette douceur de parfum, mais sera bien plutôt trouvée plus chaude et rendue plus acide, toux ceux qui procèdent ainsi pourront facilement le prouver, et la raison elle-même par l’observation du feu et du mouvement prouve la même chose. Mais Raymond ne voulait pas parler ou désigner cette pure et simple Aqua Ardens, contrairement à ce qu’ont pensé certains modernes, mais il pensait à celle-là même en laquelle le corps métallique est dissout. Car dans le Second Canon du Premier Livre il écrit ceci : mais cette Quintessence ainsi circulée et rectifiée ne possède pas une telle odeur à moins que le corps ne soit distillé en elle. Il Apparaît de tout cela que Porta ne tira pas une telle Quintessence de son travail au feu, mais plutôt des écrits de Lulle et de Jean de Rupescissa méchamment compris.